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Posts Tagged: Maharishi

Disciple de Guru Dev, Maharishi Mahesh Yogi était issu d’une lignée de maîtres remontant à Adi Shankara, une incarnation de Shiva qui vécu au VIIIème siècle. J’ai eu la chance de vivre auprès de lui pendant un an entre 1991 et 1992. Maharishi reste mon maître même si Jésus et la Vierge sont très présents depuis que j’ai eu la chance de les rencontrer lors d’une NDE en 1997.

Soyez vous-mêmes

Nombre d’éveillés passent leur temps à vous dire que tout est spirituel, qu’il n’y a pas de séparation entre spiritualité et quoi que ce soit qui serait “non spirituel” mais, la plupart du temps, leur site ne traite que de ce qui est étiqueté comme spirituel.

De même, la plupart des éveillés vous disent que la personne n’existe pas, que la personne n’est qu’une illusion mais ils se cachent derrière une façade considérée comme spirituelle et qui n’a rien à voir avec leur quotidien en privé. Ils vous racontent ainsi volontiers qu’ils n’ont aucun problème, que rien ne peut les faire souffrir ou qu’ils sont en conscience d’unité (je rigole bien fort !) Pourtant, n’importe quelle personne qui a eu la chance d’approcher un authentique maître sent bien qu’il y a un monde entre la profondeur de sa présence et celle des éveillés occidentaux.

Si je respecte le choix de se focaliser uniquement sur la spiritualité, je reconnais pour ma part sans complexe que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir, les discours spirituels m’ennuient et je ne fais réellement aucune distinction entre les différents aspects de ma vie : j’enseigne la méditation, je partage l’art qui me plaît, je slame, j’ai une rubrique “humour”… bref, mon blog me ressemble ou, dit autrement, il est le reflet de la conscience telle qu’elle se vit, voit le monde et s’exprime depuis cette espace particulier qui continue à être moi tout en ne l’étant plus.

En plus d’être drôle, ce sketch de Florence Foresti illustre bien mon propos en rappelant que même si nous sommes tous différents, nous sommes aussi très semblables : Isabelle Adjani est comme tout le monde, Eckhart Tolle est comme tout le monde (vous savez qu’il a un chien ? Ah, bon, il ne passe pas ses journées assis sur son canapé, à contempler le mur ? Eh non, et cela ne l’empêche pas d’être le plus grand des enseignants occidentaux), le couillon que je suis est comme tout le monde.

Si tous les éveillés du monde ne faisaient rien d’autre que de parler d’éveil, nous n’aurions pas intérêt à ce que trop de gens accèdent à l’éveil sinon, vivre sur Terre deviendrait vite ennuyeux… et nous mourrions tous de faim.

L’éveil ne doit pas empêcher de faire tourner la Terre, qu’il s’agisse de cultiver des tomates, pétrir du pain, travailler comme magasinier au supermarché du coin… ou être un immense interprête – comme Demis Roussos qui vivait un profond niveau d’éveil, le ressentez-vous ?


 Demis Roussos, un roc de Silence. Et pourtant, il chante 😉

Bref, l’éveil n’est pas un prétexte pour ne pas être soi-même. D’ailleurs, ce à quoi nous invitait le plus souvent Maharishi les derniers temps où je vivais auprès de lui était : “Be yourself” : Soyez vous-mêmes.

Le grand fantasme de la perfection des maîtres spirituels

La plupart des gens qui participent à des satsangs ou à des ateliers avec des éveillés s’imaginent qu’ils sont très sages, voire parfaits, vraiment au-dessus de la masse qui n’a pas encore connue l’éveil. Et si d’aventure ils découvrent un défaut chez celui ou celle qu’ils admiraient tant, ils décident que cette personne n’est pas vraiment éveillée et “vont voir ailleurs”.

Je sais de quoi je parle, j’en ai fait partie. Je me souviens d’un enseignant spirituel mondialement connu et qui a publié plusieurs ouvrages traitant de l’éveil. Par respect pour sa vie privée – et surtout, parce que je déteste “balancer” – je vais l’appeler René. J’avais participé à plusieurs satsangs avec lui, toujours dans la belle villa d’un couple par lequel il était invité.

Quelle ne fut pas ma surprise de le voir en ville, un lendemain de satsang, avec la femme de l’ami qui lui avait ouvert sa maison. D’une part, ils étaient en train de louer une cassette vidéo. Je tombai de haut. Je pensais grosso modo que, comme en témoigne aujourd’hui Eckhart Tolle, René vivait 24h sur 24 dans un état de paix insondable, à regarder béatement le mur lorsqu’il n’avait rien de mieux à faire alors qu’en fait, comme tout le monde, il regardait des films ? D’autre part, il était manifestement en train de draguer une femme qui non seulement n’était pas la sienne mais était celle de l’ami qui lui permettait d’organiser ses satsangs. Le plus choquant pour moi a été leur réaction quand ils m’ont vu. On aurait dit deux gamins surpris en train de faire une bêtise.

On sait aujourd’hui que Krishnamurti, maître spirituel d’une présence et d’une profondeur incontestables, a couché pendant vingt ans avec la femme de son meilleur ami

Bien plus tard, j’ai lu “Après l’extase la lessive” de Jack Kornfield. J’ai appris plein de choses ahurissantes au sujet des éveillés et des maîtres spirituels. J’ai quasiment tout oublié des détails croustillants révélés par l’auteur mais je n’oublierai jamais ça : Krishnamurti – le grand Krishnamurti, pour la pensée duquel j’ai le plus profond respect – a couché pendant vingt ans avec la femme de son meilleur ami. Rien que ça !

Ah oui, je n’en suis pas certain mais il me semble que Jack Kornfield évoquait aussi la fameuse collection de Rolls d’Osho. Le contraste avec Amma qui, paraît-il, dors sur une paillasse alors que son organisation caritative reçoit des millions de dollars sous forme de dons, est saisissant.

Je me souviens que je vivais à Vlodrop, auprès de Maharishi, lorsque Osho a quitté son corps. Ses 93 Rolls (96, selon les sources) n’étaient pas la seule chose qui nous chagrinait au sujet d’Osho. La débauche sexuelle à laquelle il encourageait ses disciples était extrêmement loin de la vie monacale que nous menions auprès de Maharishi. Aussi l’un d’entre nous a-t-il demandé à Maharishi si Osho était un véritable maître. “C’était une incarnation du vedanta” a répondu Maharishi.
(Définition simple de “vedanta” : la crème de la crème de la spiritualité indienne 😇).

Autre personne qui m’a beaucoup interpelé, Florian, le premier éveillé occidental que j’ai rencontré à la fin des années 90. Bien sûr, Florian n’avait pas l’aura spirituelle de grands maîtres comme Maharishi, Sakya Trizin ou Shri Shri Ravi Shankar que j’avais eu la chance d’approcher avant lui en petit comité mais il dégageait une puissance nettement supérieure à celle de tout autre éveillé occidental que j’ai rencontré.

Lorsque nous étions rassemblés autour de lui, tout à coup, Florian se taisait, il fermait les yeux et il nous mettait dans des états de transcendance d’une profondeur incroyable. Pourtant, nous nous posions tous des questions au sujet de la réalité de son éveil parce qu’il nous provoquait sans ménagement et qu’il avait des sautes d’humeur tout à fait incompatibles avec l’idée que nous nous faisions de l’éveil. Mais, finalement, Florian était-il fondamentalement différent des autres éveillés ou était-il juste plus authentique ?

Avec le recul, je suis convaincu que la nombre d’enseignants spirituels occidentaux entretiennent une image lisse et factice de l’éveil, trompant ainsi plus ou moins volontairement leur public au sujet de leur vécu, alors que Florian ne nous a jamais caché ce qu’il était. Peut-être que sa puissance hors du commun était en rapport avec son honnêteté ?

Il me paraît donc utile de rappeler que l’éveil n’est pas la fin de la personne mais, simplement, la fin de l’identification à la personne. Avec l’éveil, tout change et rien ne change. Certains éveillés peuvent être timides, colériques, indifférents à la souffrance d’autrui, amoureux du pognon, bloqués dans l’intellect…

Même chez les plus grands maîtres subsiste ce que le Veda – la spiritualité traditionnelle de l’Inde – appelle “leshavidya” (ignorance résiduelle) qui peut éventuellement se manifester par quelques “fantaisies” – voire quelques Rolls. Maharishi nous expliquait que sans leshavidya, nul ne peut rester incarné.

Alors on se détend : si la perfection est l’essence de ce monde, elle n’est pas de ce monde.