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Tout comme son fils Jésus, la Vierge me fait la grâce de continuer de m’accompagner sur le plan subtil depuis que j’ai eu la chance de la rencontrer lors d’une NDE en 1997. Je fais référence à elle en tant que Vierge, c’est ma réalité, mais je suis tout à fait ouvert au fait que cela ne soit pas la vôtre.

Papa, je te pardonne

Je suis bien conscient que la cause principale de mes problèmes de santé est l’intense colère que j’ai involontairement nourrie à l’égard de mon père pendant toute ma vie. Il faut dire qu’il a mis le paquet pour me mettre à l’épreuve et j’ai eu beau méditer de manière sérieuse et quotidienne pendant plus de trente ans, pratiquer en outre l’énergétique pendant vingt ans, prier pour demander de l’aide, rien n’y faisait.

Lorsqu’un(e) ami(e) se croyant bienveillant me disait quelque chose comme “Tu sais, moi aussi j’ai eu des problèmes avec mon père mais je l’ai pardonné et maintenant je m’entends bien avec lui” et le pire, c’était la suite : “alors il n’y a pas de raison que toi aussi tu ne parviennes pas à pardonner ton père” je me retenais de répondre “Imbécile, si ton père t’avait fait subir ce que le mien m’a fait subir, tu m’épargnerais ta condescendance”.

Pourquoi n’ai-je jamais répondu que, chaque jour que Dieu faisait, pendant toute mon enfance et mon adolescence – et alors même que j’étais premier dans presque toutes les matières – mon père me répétait en boucle : “Tu n’es qu’un bon à rien, tu ne feras jamais rien de bon dans la vie, personne ne t’aimera jamais”.

Quoi que je fasse, ce n’était jamais assez bien. Un psy m’a assuré que ces violences psychologiques sont ce qu’il y a de pire pour un enfant, pire que les abus physiques. Je n’en sais rien parce que j’ai eu droit à la totale.

Le plus triste, c’est que personne, ni dans ma famille ni parmi mes instituteurs puis professeurs, ni même mon médecin de famille, personne ne s’est jamais inquiété des profonds cernes violets que j’avais en permanence sous les yeux, témoins des nuits que mon père me faisait vivre, cernes qui m’ont longtemps valu d’être la risée de tout le collège où l’on me chantait presque chaque jour “Oh, la fille, elle se maquille !”

Ce même médecin de famille n’a pas eu l’air de trouver anormal que mon père m’amène à son cabinet plutôt qu’aux urgences le jour où je me suis luxé le coude, qui sortait de son articulation sur cinq centimètres, et cassé le radius et le cubitus, mon bras pendant à l’équerre tellement la fracture était nette. Nous étions au mois de juin, la  luxure et la fracture se voyaient parfaitement et tout le monde a été horrifié dans la salle d’attente du généraliste, nous laissant passer devant. Tout le monde a été horrifié mais pas mon père, de toute évidence. Ce n’est que bien plus tard, avec l’aide d’un psy, que j’ai compris que  cet ingénieur – et donc “pas la moitié d’un con”, comme il disait – avait tardé le plus possible pour m’emmener à l’hôpital car il prenait plaisir à me voir souffrir.

Du fait que j’étais drogué pendant les viols et les sévices pour éviter que je m’en souvienne (mon père était chimiste et pouvait se procurer tout ce qu’il voulait), les traumatismes ne sont remontés peu à peu à ma mémoire qu’après l’éveil, lorsque je suis devenu assez solide pour faire face sans sombrer. J’en profite pour signaler, en guise de rappel d’un article précédent, que l’éveil ne change rien : la colère est vécue différemment mais elle ne disparaît pas comme par magie.

Bref, après trente ans de démarche intérieure soutenue, et malgré des périodes de calme de surface, j’étais toujours en rage contre mon père et je me posais une question douloureuse : comment pardonner un homme qui n’exprime aucun remord ? Comment pardonner un homme qui n’a pas changé ? Comment pardonner un homme qui, comme le personnage joué par Ben Kingsley dans La jeune fille et la mort, recommencerait sans hésiter à la moindre occasion ? (d’ailleurs les derniers agissements du monstre paternel, bien que moins graves car désormais je me protège, remontent à seulement deux mois avec toujours le même leitmotiv : le plaisir de nuire et de voir souffrir).

Une amie rencontrée l’année dernière dans un centre de guérison spirituelle au Brésil m’a donné le conseil suivant : si tu n’es pas assez fort pour pardonner toi-même, demande à Jésus de pardonner pour toi. Malheureusement, ce conseil plein de bon sens n’a pas été efficace pour moi. La rage continuait de me consumer de l’intérieur, comme elle avait déjà brûlé mon œil gauche. La colère finirait-elle par me conduire à la cécité ?

De retour du Brésil dont j’ai dû rentrer car mes yeux ne supportaient plus le soleil tropical, je suis allé à Lourdes pour continuer le travail de pardon et de guérison – j’y suis toujours.

Après sept mois de prière quotidienne – en plus de la méditation et de la Shakti, hein, pas à la place… – mes yeux allaient de plus en plus mal, ma santé générale continuait de se dégrader et la colère, comme un grand huit, s’enfonçait périodiquement dans les profondeurs de mon être pour en ressortir toujours plus forte.

Vierge Marie, mère aux milles visages, merci pour ton aide précieuse

Un jour que j’étais particulièrement bouleversé par les purifications intérieures, un jour que la rage prenait presque toute la place en moi, je suis allé m’effondrer (intérieurement) devant la Vierge à la grotte de Massabielle. Ce jour-là, ma bonne mère Marie m’a dit “Même si tu ne le penses pas, dit chaque jour à ton père [mentalement] que tu le pardonnes”.

Comme je ne suis pas du genre à faire les choses à moitié, j’ai visualisé mon père devant moi, je l’ai pris dans mes bras (berk !) et j’ai marmonné intérieurement, du bout des lèvres de mon esprit : “papa, je te pardonne”. Même mentalement, c’était difficile ! J’ai été tellement pris de dégoût que pendant une ou deux minutes mon visage s’est tordu dans tous les sens. J’ignore de quoi j’avais l’air mais on aurait sans doute pu me croire possédé.

Pendant la première semaine, le dégoût est resté très intense à chaque fois que je prononçais ma formule magique puis il s’est atténué. J’en suis à bientôt deux semaines et je peux dire “papa, je te pardonne” avec une certaine facilité maintenant et je commence même à le penser, pas juste mentalement mais de tout mon être. Ce matin, pour la première fois, j’ai vu le soi supérieur de mon père me prendre dans ses bras et j’ai senti son amour (je parle bien d’amour en provenance du soi supérieur de mon père, l’homme étant, quant à lui, incapable d’aimer qui que ce soit d’autre que lui-même, comme le personnage de Confidences pour confidences de Jean Schultheis – lisez donc les paroles sous la vidéo, c’est édifiant ; malheureusement les pervers narcissiques ne sont pas seulement incapables d’aimer : ce sont aussi des gens, je le rappelle, qui prennent du plaisir à nuire, détruire et voir souffrir – le substantif “pervers” n’est pas là pour rien…)

Étant donné l’importance du pardon sur le chemin vers la guérison, l’astuce donnée par la Vierge est extrêmement précieuse. Je me sens déjà moins fatigué, mes yeux sont un peu moins sensibles à la lumière et, enfin, l’idée que je puisse guérir ne relève plus seulement de la foi mais commence à prendre la forme d’une réalité.

Allez, un petit dernier pour la route ! Papa, je te pardonne.